agriSelon la Chambre Régionale d’Agriculture de Lorraine, notre Région compterait aujourd’hui 13 000 exploitations agricoles pour 1,1 millions d’hectares de surface agricole utile, ce qui signifie qu’en 15 ans, le nombre de ces exploitations aurait baissé de 45 % environ. Toutefois,  la part des exploitations dites professionnelles n’a fait qu’augmenter pour parvenir à 60 % des exploitations en 2003, tout comme le volume de la production agricole et le nombre d’hectares des exploitations (68 ha actuellement en moyenne par exploitation en Lorraine).

A priori, leurs revenus auraient dû augmenter, force est de constater qu’en raison d’une forte volatilité des prix, les agriculteurs ont aujourd’hui du mal à joindre les deux bouts. Pire encore, on parlerait de 75 000 agriculteurs en France qui seraient éligibles au RSA (Revenu de solidarité active).

En effet, selon les dernières données de l’Insee, les agriculteurs auraient vu fondre leurs revenus de 34 % en 2009, après une baisse de 20 % en 2008.

Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à déposer des dossiers RSA auprès des Caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA).

Ainsi, on vient d’apprendre qu’au 31/12/2009, plus de 40 000 demandes avaient été enregistrées dont  45 % émanait des exploitants agricoles non salariés.

Sur ces demandes, cependant, 28 000 dossiers ont pu aboutir eu égard à la complexité du dispositif RSA. Alors, quid des autres dossiers ? Et de ceux qui ne vont pas manquer d’être constitués en 2010 ?

L’heure est grave dans le monde agricole. Nous ne pouvons plus laisser nos agriculteurs subir cette fluctuation des prix sans réagir. Nous devons leur redonner du pouvoir d’achat, et pour cela leur rendre de la valeur ajoutée, en leur permettant de mieux s’organiser vis-à-vis des industriels.

Rendre de la valeur ajoutée aux agriculteurs pour qu’ils puissent mieux vivre de leurs productions et sauver une certaine culture agricole, c’est aller vers une agriculture raisonnée, vers une agriculture où les circuits sont plus courts, en supprimant les intermédiaires et en valorisant les labels régionaux.

Le chemin n’est pas simple, mais les efforts dans ce domaine sont aujourd’hui nécessaires et indispensables. Il en va de notre agriculture, de notre environnement et du consommateur que nous sommes.

Christine SINGER